Tasses et thermos
Le contenant fait partie de la dégustation
Le café ne s'arrête pas à l'extraction. Ce dans quoi on le boit intervient dans ce qu'on en perçoit.
La recherche l'a documenté. Van Doorn, Wuillemin et Spence (2014) ont servi un même café latte dans trois tasses blanche, bleue, transparente : dans la tasse blanche, le café a été jugé plus intense et plus amer, et moins doux que dans les deux autres. La forme joue aussi : une tasse aux parois arrondies a augmenté la douceur perçue du café dans les travaux de Carvalho et Spence (2018). L'ouverture du bord, l'épaisseur, la matière : autant de paramètres qui orientent l'aromatique avant la première gorgée.
La température, elle, gouverne le temps de lecture. Un café chaud livre son corps ; en refroidissant, il ouvre son acidité et ses notes fruitées. Une tasse à bonne inertie thermique ralentit cette course. Un thermos à double paroi sous vide la suspend et emmène le café hors du comptoir sans le figer dans un goût de réchauffé.
Choisir sa tasse, c'est choisir ce qu'on veut entendre du café.